Les entrepreneurs spécialisés ne devraient pas financer le projet en absorbant le coût d’exigences d’information qui ne leur apportent aucune valeur.
Pour les métiers, le BIM a un objectif central : faciliter la production et la livraison de leurs installations.
La modélisation et la coordination sont des activités qui soutiennent cet objectif. L’installation est le résultat que l’entrepreneur spécialisé doit livrer.
Lorsque les exigences BIM dépassent les besoins de l’installation, il faut demander à qui elles servent, qui en bénéficie et qui paie.
Si le BIM est exigé, pourquoi?
Les métiers peuvent-ils utiliser des dessins AutoCAD pour communiquer aux équipes de chantier ce qu’elles doivent installer? Oui, lorsque ces dessins répondent aux exigences de l’installation et du projet.
Si un modèle BIM est aussi exigé, pourquoi? Qu’apporte-t-il de plus que les dessins d’installation? Aide-t-il l’entrepreneur à livrer son installation ou est-il produit pour une autre partie prenante?
Ces questions doivent trouver réponse avant d’établir le prix du travail.
Un propriétaire peut avoir besoin d’information sur ses actifs. Un gérant de construction peut demander des données de suivi. Une autre partie prenante peut avoir besoin d’information structurée pour ses propres systèmes.
Ces exigences peuvent avoir de la valeur pour ceux qui les utilisent. Leur production exige tout de même du temps et de l’argent.
La partie prenante qui demande cette information devrait prévoir et financer le travail. L’entrepreneur spécialisé ne devrait pas en absorber le coût simplement parce qu’il produit l’information.
Des tuyaux. Des équipements. Des conduits. Et maintenant, une base de données?
Les entrepreneurs spécialisés doivent communiquer avec leurs équipes de chantier et livrer des installations physiques.
On peut maintenant leur demander de remplir aussi une base de données. D’ajouter des paramètres qu’ils n’utilisent pas. De trouver l’information, la saisir, la suivre et la mettre à jour. Puis une autre personne effectue un contrôle qualité et déclare la remise conforme ou non conforme.
« Ajouter seulement quelques paramètres » peut créer du travail sur des milliers d’objets. Chaque changement peut nécessiter une nouvelle mise à jour, une nouvelle vérification et une nouvelle remise.
Si l’entrepreneur n’a pas besoin de cette information pour son installation, à qui sert-elle? Pourquoi devrait-il en financer la production?
L’information demandée par une autre partie prenante devrait être traitée comme un livrable défini, assorti d’un coût identifiable.
Plusieurs plateformes, plusieurs coûts
Pourquoi un entrepreneur spécialisé devrait-il assumer le coût de plusieurs plateformes, logiciels et équipements informatiques pour fournir de l’information qui n’apporte aucune valeur à son installation?
Chaque système peut exiger des licences, de la formation, de la configuration, de l’administration, des téléversements, des conversions et du soutien. La même information peut devoir être saisie et vérifiée à plusieurs endroits.
Ces coûts doivent être visibles dès l’établissement des exigences. Ils ne devraient pas devenir une obligation non chiffrée transférée à l’entrepreneur spécialisé.
Si une partie prenante impose un système particulier, précisez son objectif, les tâches que l’entrepreneur doit y effectuer et la façon dont cet effort sera rémunéré.
Clarifier la portée avant le début du travail
Distinguez ce dont l’entrepreneur a besoin pour son installation de ce dont les autres parties prenantes ont besoin pour leur propre utilisation.
Pour chaque modèle, jeu de données ou remise exigé, établissez :
- L’objectif : sa contribution à l’installation ou les besoins d’information auxquels il répond.
- Le livrable : ce qui doit être fourni, dans quel format et à quelle date.
- Les responsabilités : qui fournit l’information source, qui produit le livrable et qui l’accepte.
- L’effort et le coût : la main-d’œuvre, les logiciels, le matériel, la formation et les vérifications nécessaires.
- Les limites : les remises, cycles de révision et mises à jour inclus.
- Les changements : comment les exigences supplémentaires seront identifiées, chiffrées et autorisées.
Précisez ce qui est inclus, ce qui est exclu et ce qui reste à résoudre. Soulevez les exigences ambiguës par le processus d’appel d’offres ou contractuel autorisé.
Une exigence destinée à quelqu’un d’autre peut déjà être incluse au contrat. Il faut le comprendre avant de soumissionner et de signer. La position de BIMTA reste que cet effort devrait être identifié et correctement financé.
Convenir des règles de vérification avant de produire l’information
Les entrepreneurs spécialisés devraient savoir selon quels critères leur remise sera vérifiée avant de la préparer.
Quels paramètres sont requis? Quelles valeurs sont acceptables? Qui fournit l’information manquante? Qui résout les instructions contradictoires? Qu’arrive-t-il lorsque les règles de vérification changent?
Testez un petit échantillon avec l’équipe destinataire avant d’appliquer l’exigence à tout le projet. Confirmez que l’information peut réellement servir à l’objectif annoncé.
Un résultat conforme ou non conforme permet d’évaluer des exigences convenues. Il ne détermine pas qui doit payer les exigences supplémentaires introduites plus tard.
Où commence l’assistance à la conception?
Les métiers apportent un savoir pratique sur l’assemblage, l’accès et la réalisation de leurs installations.
Mais leur demande-t-on de planifier leur installation ou de résoudre des éléments de conception et d’expliquer comment construire le bâtiment?
Où leur responsabilité commence-t-elle et où s’arrête-t-elle? Quelle part de cette contribution était incluse dans le prix?
Si ce savoir est requis, définissez la contribution, la responsabilité des décisions et le coût. Il ne devrait pas être absorbé par une attente sans limites selon laquelle l’entrepreneur résoudra tout ce qui arrive à la réunion de coordination.
L’interopérabilité, dans quel but?
Si un entrepreneur doit recevoir un format de fichier qu’il n’a jamais utilisé, quelle assurance a-t-il d’y trouver l’information nécessaire à l’installation?
Qui vérifie l’échange? Qui paie les logiciels et la formation? Qui corrige l’information manquante ou inutilisable?
Les dessins ont traditionnellement servi à communiquer ce qui doit être construit. Si une autre méthode est exigée, elle devrait expliquer clairement comment l’information nécessaire parvient aux personnes qui réalisent l’installation.
Ouvrir un fichier n’est qu’une étape. L’information doit être compréhensible et utilisable pour le travail prévu.
L’entrepreneur spécialisé ne devrait pas financer les besoins d’information de tous les autres
On demande de plus en plus aux métiers de produire l’information nécessaire aux utilisateurs en aval, en plus des installations physiques qu’ils sont engagés à livrer.
L’ajout continu de tâches sans valeur pour l’entrepreneur crée un écart entre ce qu’il doit dépenser et ce qu’il est payé pour livrer.
Il faut tenir compte de cet écart.
Si une autre partie prenante a besoin de modèles, de données, de paramètres ou de rapports supplémentaires pour son propre usage, cette partie devrait prévoir et payer le coût et l’effort correspondants.
Les entrepreneurs spécialisés ne devraient pas financer le projet par du travail non chiffré qui n’apporte aucune valeur à leur installation.
Voilà la position de BIMTA : l’installation est l’objectif. Les exigences d’information supplémentaires doivent avoir un client, une portée et un prix clairement définis.
Ce bulletin exprime la position de BIMTA sur une répartition équitable de la portée et des coûts. Les obligations et droits au paiement réels dépendent des ententes applicables.
Références à l’appui
Ces références appuient des exigences d’information utiles, des échanges planifiés et des responsabilités définies. Elles n’établissent pas la répartition des coûts proposée par BIMTA comme une règle contractuelle.
- Penn State BIM Planning ↗
Planification des usages BIM et des échanges d’information autour d’objectifs de projet définis. Ce bulletin présente l’installation comme l’objectif commercial central des métiers; il n’affirme pas que le BIM n’a qu’un seul usage reconnu.
- UK BIM Framework, Guidance Part D, février 2021 ↗
Définition des exigences d’information et des critères d’acceptation. Guide international qui ne constitue pas automatiquement une exigence contractuelle au Canada.
- Metrolinx Exchange Information Requirements, juin 2025 ↗
Exemple canadien d’exigences documentées de livraison d’information.