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LE BULLETIN DES MÉTIERS / NUMÉRO 003 / 2 NOVEMBRE 2026

Qui paie pour le BIM?

La partie qui produit l’information n’est pas toujours celle qui en tire profit.

Version 1.0

La question à laquelle l’industrie doit répondre

Le BIM a un coût. Quelqu’un paie la modélisation, les réunions de coordination, les logiciels, les postes de travail, la formation, la gestion des données, les révisions et les livrables de transfert.

Le propriétaire peut financer le projet. L’entrepreneur général peut établir le processus de coordination. Mais on attend souvent des entrepreneurs spécialisés qu’ils fournissent l’information détaillée sur les installations qui rend cette coordination possible.

Qui paie réellement ce travail, et qui en reçoit la valeur?

La réponse dépend du contrat, de la portée, du mode d’approvisionnement et du fait que les exigences BIM ont été chiffrées avant l’engagement de l’entrepreneur spécialisé. Aucun pourcentage unique ne peut raisonnablement s’appliquer à tous les projets.

La coordination a de la valeur. La coordination non financée pose problème.

Un modèle coordonné peut réduire les conflits, éviter les reprises et aider un métier à réaliser son installation. Ces avantages comptent. Toutefois, on peut aussi demander à un entrepreneur spécialisé de maintenir des modèles principalement pour le processus de coordination de l’entrepreneur général, de produire des données pour les futurs systèmes de gestion des actifs du propriétaire ou de reprendre le travail après des modifications de conception, sans mécanisme de rémunération clairement défini.

Si le modèle ne sert pas à la fabrication, à la préfabrication, à l’implantation, à l’approvisionnement ou à l’installation, le rendement direct de cet investissement peut être beaucoup plus faible pour le métier.

Être tenu de livrer des données ne signifie pas être rémunéré pour les produire.

Ce que les guides canadiens de l’industrie nous indiquent déjà

Le 2025 Guide to BC Trade Definitions, élaboré par la BC Construction Association et son comité, est particulièrement pertinent. Sa section BIM traite des coûts que les métiers devraient inclure lorsque le travail BIM est expressément spécifié. Lorsque le contrat demande une assistance au BIM sans en préciser la nature, le guide distingue la fourniture de renseignements propres au métier et la participation aux réunions de la fourniture d’opérateurs informatiques, de logiciels et de dessins générés par ordinateur. Il s’agit d’un guide pour définir la portée à l’appel d’offres, et non d’une exemption contractuelle automatique ou d’une loi.

Cette distinction compte : les obligations BIM doivent être décrites assez clairement pour être chiffrées.

Il existe aussi des éléments probants sur la valeur du BIM pour les métiers. L’étude de 2020 de Dodge Data & Analytics sur les entrepreneurs en mécanique et en CVCA rapporte des avantages associés à la fabrication liée au BIM, notamment une meilleure productivité, moins de gaspillage de matériaux et une meilleure qualité des installations. Un bulletin de Dodge de 2026 sur la fabrication numérique souligne le rôle des processus intégrés, au-delà de la seule adoption de logiciels. Ces constats appuient l’investissement lorsque le métier peut utiliser le résultat, sans supposer que chaque livrable demandé procure le même rendement à chacun.

Une approche commerciale plus équitable

Avant de demander à un entrepreneur spécialisé d’accepter une exigence BIM, l’équipe de projet devrait pouvoir répondre à cinq questions :

  1. Finalité : Qui a besoin du modèle ou du jeu de données, et quelle décision ou activité doit-il soutenir?
  2. Responsabilité : Qui crée, vérifie, met à jour et accepte chaque livrable?
  3. Rémunération : Où les heures de modélisation, les logiciels, la coordination et les livrables d’information sont-ils inclus dans le prix du métier?
  4. Changement : Qu’advient-il du coût et de l’échéancier lorsqu’une modification de conception impose une nouvelle modélisation et une nouvelle coordination?
  5. Valeur : Le livrable sert-il la fabrication ou l’installation du métier, l’ensemble du projet, le propriétaire, ou les trois?

Il ne s’agit pas de facturer deux fois un travail déjà inclus au contrat. Il s’agit de rendre la portée visible et mesurable avant la signature, puis de gérer les changements lorsqu’elle augmente.

Ce que BIMTA propose de mesurer

BIMTA souhaite recueillir des exemples réels et anonymisés auprès des entrepreneurs spécialisés. Pour chaque tâche BIM, nous pouvons consigner :

Avec les entreprises participantes, BIMTA peut comparer les approches, mettre à l’essai de meilleurs flux de travail et élaborer des procédures pratiques fondées sur des résultats mesurés.

L’essentiel

Les métiers doivent pouvoir contribuer à définir le travail BIM qu’ils sont censés financer et livrer.

Le problème n’est pas le BIM. Ce sont les portées imprécises, les flux de travail déconnectés et les coûts invisibles au moment de soumissionner.

Si vous travaillez pour un entrepreneur spécialisé canadien et avez vécu cette situation, communiquez avec BIMTA. Nous souhaitons connaître l’exigence, son coût, ses bénéficiaires et ce qui aurait pu être fait autrement.

On ne peut améliorer ce qu’on ne mesure pas, ni chiffrer équitablement ce qui n’a pas été défini.

Références et lectures complémentaires

Numéro 003 · Version 1.0 · 2 novembre 2026. Traduction française du texte approuvé. Les travaux de mesure proposés par BIMTA ne sont pas des résultats de recherche réalisés.

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